L’ISTS est heureux d’avoir organisé, avec le Festival d’Avignon et l’AFDAS, du 20 au 24 juillet, trois sessions de formation ouvertes aux salariés intermittents et saisonniers du Festival. Elles ont été conçues dans le contexte particulièrement difficile de l’annulation du Festival et de la crise inédite et majeure du Covid-19, engendrant des difficultés sociales et économiques pour les nombreux salariés placés en chômage partiel. L’outil de la formation constitue – plus que jamais – un atout nécessaire pour préparer l’avenir en développant non seulement leurs compétences, mais aussi leurs capacités par l’innovation inhérente à la démarche créative.

C’est pourquoi nous avons mis en place un programme de formation dédié à la création des effets techniques dans le spectacle. Ouverte à tous les profils métiers des salariés intermittents et saisonniers du Festival, ce dispositif de formation a rencontré un large succès auprès de sa trentaine de stagiaires, qu’ils soient techniciens, agents d’accueil ou de billetterie. Cette mixité de profils réunis autour du diptyque techniques du spectacle / création est propice également au développement de l’état d’esprit nécessaire à cette innovation et au changement de regard sur le monde et sa propre pratique professionnelle.

Concrètement, ce sont trois actions qui ont été menées, dans les trois principaux domaines des techniques du spectacle : machinerie, son et lumière.

L’atelier « Découverte de la création sonore », était accueilli au théâtre Benoît XII avec les interventions pédagogiques de Frédéric Viénot et Jean-Louis Larcebeau, régisseurs son, ce dernier étant également le coordinateur pédagogique du programme des trois actions. Rappels sur la chaîne sonore, l’utilisation d’une table de mixage et les bases de la diffusion dans une salle, installation et utilisation de stations multipistes, initiation à la prise de son in situ et à l’écoute des plans sonores et la gestion de délais, découverte de la réalisation de conduite d’effets… toutes ces notions ont été présentées et mises en œuvre dans la perspective de l’élaboration d’un scénario et la composition de plans sonores.

Les 11 stagiaires, répartis en deux groupes, qui ont suivi cette formation, nous ont confirmé leur intérêt pour ce format et son ouverture aux enjeux de la création. Le premier groupe est constitué des techniciens de métier, qu’ils soient régisseur son, technicien ou régisseur dans d’autres domaines techniques (lumière et plateau, régie générale de lieu…). Le second est composé de jeunes entrants dans la profession ayant particulièrement découvert le spectacle vivant en travaillant à l’accueil des lieux du Festival, tout en poursuivant ou en achevant des cycles d’études souvent liés au secteur culturel et artistique (comédiens, doctorante en études théâtrales, concepteur d’images 3D…). La progression pédagogique de cette session a été pensée pour qu’ils puissent travailler de concert au même processus de création.

L’atelier « Lumière et muséographie », réalisé avec les interventions de Guillaume Sarrouy, régisseur lumière, et Christophe Bricard, artiste plasticien lumière, s’est déroulé dans le cadre exceptionnel de la chapelle des Pénitents Blancs. Basé sur les mêmes principes d’initiation aux enjeux de création à travers les techniques du spectacle, son originalité consistait dans la transposition de ces techniques dédiées à la lumière dans le contexte de l’éclairage scénographique d’exposition. Passée l’introduction aux enjeux théoriques (éclairage muséographique contemporain, chaine lumière, outils spécifiques, colorimétrie, vidéo comme source lumineuse…) l’atelier a consisté dans l’expérimentation de la mise en lumière d’œuvres contemporaines, notamment celles de l’artiste Christophe Bricard, auteur de sculptures de lumière. L’aboutissement de cette session de formation a permis aux 8 stagiaires d’élaborer des propositions de groupe pour des parcours d’expositions. Ce groupe, composé pour l’essentiel de techniciens lumière spectacle, de machinistes, d’un agent d’accueil et d’une responsable de billetterie, plasticienne de métier, était particulièrement intéressé par cette occasion de découvrir le potentiel des techniques de l’éclairage dans ce contexte de l’exposition. Son enthousiasme ne s’est pas démenti tout au long de la réalisation des parcours !

L’atelier « Machinerie d’effets », coordonné et animé par Yann Ullerich, régisseur plateau et responsable de formations, et Jean-Pierre Demas, scénographe et directeur technique, a été accueilli au cloître Saint-Louis. Il s’est d’abord décliné en deux groupes, permettant une meilleure adaptation aux profils de nos publics. Pour le premier groupe, composé de salariés saisonniers des services d’accueil et de billetterie du Festival, les connaissances fondamentales du vocabulaire, des notions, des matériels et de leurs assemblages, des installations et des règles de sécurité, ont permis, après une familiarisation aux exercices pratiques avec ce nouvel univers, l’élaboration de dispositifs de machinerie d’effets simples. Leur sensibilité aux enjeux de la création, de par leurs parcours d’études, que ce soit en interprétation dramatique, en études théâtrales ou en administration de production de spectacle a favorisé leur acquisition rapide des connaissances et de la grammaire des gestes en machinerie.  Déjà immergés dans l’univers des plateaux et de la technique du spectacle, les stagiaires du second groupe travaillent pendant le Festival dans les équipes techniques volantes depuis une à cinq années. Techniciens mais aussi musiciens, plasticiens, charpentiers, ils ont plus facilement pu réaliser des effets de machinerie relativement complexes tels que lâchés et déferlés, pongés de soie avec disparition. Les deux derniers jours du stage ont vu la réunion des deux groupes, pour la réalisation de conduites d’effets de machinerie.

Au-delà des découvertes techniques et créatives produites par ces sessions de formation, c’est une véritable expérience humaine basée sur la rencontre et le partage de savoir-faire que nous avons eu le bonheur d’accueillir et de rendre possible. Nous remercions tous ceux, stagiaires, équipes, intervenants et partenaires, qui ont participé à cette belle aventure collective !